29 de Enero de 2010
Le mythe de la citoyenneté transnationale
Dans la théorie comme dans la pratique, le modèle de citoyenneté le plus courant dans les démocraties occidentales est fondé sur des prémisses qui n’ont pas changé depuis un siècle et demi. La première concerne le valeurs de la citoyenneté, normalement définies en termes libéraux-démocratiques comme un ensemble de droits et de devoirs. Nos droits de citoyens sont avant tout des libertés individuelles : liberté d’association, de parole et de conscience et, plus généralement, liberté pour chacun de déterminer la conduite de sa propre vie. Quant à nos devoirs, ils sont par essence libéraux : devoir d’être tolérant, d’accepter le caractère non religieux du pouvoir politique, donc la séparation de l’Église et de l’État et d’exercer son propre jugement, en toute autonomie, dans la réflexion sur la chose publique, notamment lors du vote.
La seconde prémisse porte sur les frontières à l’intérieur desquelles s’exercent ces droits et ces devoirs. Si l’on entend la citoyenneté comme l’appartenance à une communauté politique, au sens traditionnel, ces frontières sont avant tout définies en termes nationaux. L’État-nation est en effet considéré comme le lieu privilégié de la participation et de l’autonomie politiques et comme l’espace de solidarité par excellence. La démocratie est le gouvernement « du peuple », et c’est la nation qui délimite ce « peuple » qui va se gouverner lui-même. Les citoyens exercent leur libre arbitre en élisant des parlements nationaux et leurs droits sont protégés par des constitutions nationales.
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